Le Baron Bich

Le Baron Bich

« Plus tard, ma femme écrira ma biographie ! » répondait-il invariablement.
A force de subir ses injonctions, je me suis senti le devoir de remuer les strates de son passé. Par conscience d'abord et aussi par désir de provoquer des lueurs d'espoir. Il est toujours possible de partir de rien et d'arriver à quelque chose. »

Le livre de Laurence Bich

Historique

Marcel Bich demande de changer le règlement

Début novembre 1966, le Baron Bich écrivit une lettre au Commodore Morgan, Président de la Commission America's Cup du New York Yacht Club. Il y résumait sa position et l'extrême difficulté de monter un défi dans cet océan d'incertitude. La réponse ne tarda pas. Dans un courrier daté du 23 janvier 1967, le Commodore Morgan précisait : « Le Comité de la Coupe de l'America s'est réuni et ne pense pas qu'il soit justifié de faire un recours auprès de la Cour Suprême de l'Etat de New York pour faire modifier le « Deed of Gift ».

Tenace, Marcel Bich ne s'avoua pas vaincu et poursuivit son projet.

Durant l'année 1967, un des dirigeants du New York Yacht Club, Robert Mc Cullough, séduit par l'idée du Baron Marcel Bich, se lance dans une vaste opération de lobbying auprès des membres du bureau de son club, la plus belle démarche de sa carrière, comme il le dit lui-même.

A l'issue de la Coupe en septembre 1967, Marcel Bich remet son défi au New York Yacht Club en même temps que les défis australiens et anglais.

En décembre 1967, Marcel Bich reçoit une nouvelle lettre du New York Yacht Club. Elle stipule que le Club accepte le principe des éliminatoires entre Challengers, pourvu qu'elles se déroulent dans les eaux de Newport, durant l'été de l'édition de 1970.

Le Baron Marcel Bich a gagné son premier défi : faire accepter par le New York Yacht Club l'organisation de régates éliminatoires entre Challengers.

Le règlement de la Coupe interdisant aux Challengers de faire dessiner ou construire leur bateau ailleurs que dans leur pays, Marcel Bich décida de se donner les moyens d'acquérir le meilleur « lièvre » possible. Mais pour cela, il fallait acquérir la connaissance, la culture et l'expérience qui permettraient de se lancer dans la construction d'un 12 Mètres J.I. compétitif. Il demanda alors au jeune architecte américain Britton Chance de lui dessiner ce type de voilier très particulier qu'il fit construire en Suisse, au chantier Hermann Egger. Ainsi sortit « CHANCEGGER ».

A partir de ce travail de recherche et de nouvelles connaissances acquises en construction navale, il demanda à l'architecte français, André Mauric, d'étudier de près « CHANCEGGER » pour dessiner le premier « FRANCE ». Cette brillante idée se révéla un coup de génie : le défi français gagna du temps et vint à Newport avec un excellent bateau. Il fallait bien, en partant de zéro, tout inventer : Claude Bich se chargera du dessin et de la fabrication des winchs, Serge Ferrari et Jean-Paul Gateff s'occuperont des voiles, Albert Cœdevez, lui, travaillera sur les mâts. Formidable engagement qui, de toutes parts, converge pour être au plus haut niveau lors des premières régates des éliminatoires à Newport en 1970.

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